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Dénoncer le révisionnisme chinois

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Discours de Thupten Gyatso
Communauté tibétaine de France
Rassemblement de Paris, le 28 mars 2009
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Ce rassemblement des citoyens a pour but principal de dénoncer la récente mise en place, le 28 mars 2009, d’une commémoration chinoise dite "journée d’émancipation des serfs au Tibet", visant à justifier l’occupation illégale du Tibet par la République populaire de Chine, en s’attribuant le rôle de libérateur et civilisateur du Tibet.

La conviction profonde des Tibétains consiste à penser que la Chine a beau être puissante et menaçante, la vérité ne s’achète pas sur les champs de foires et ne s’invente pas en fonction des besoins politiques chinois. On ne peut pas changer le passé. L’histoire restera toujours l’histoire. On peut très bien improviser un spectacle pour distraire les gens, mais cette manipulation politique de l’histoire du Tibet est fermement condamnée par l’ensemble des Tibétains à travers le monde. Cela s’appelle le révisionnisme et la déformation de l’histoire.

Selon la propagande de Pékin, "l’émancipation chinoise" a rendu le peuple tibétain maître de lui-même. Dans ce cas, si le peuple tibétain peut prendre librement son destin politique en main, pourquoi la Chine persiste-t-elle avec son autorité de tutelle au Tibet, en dépit des contestations répétées des populations tibétaines elles-mêmes ? Si le calme règne au Tibet, pourquoi la presse étrangère est interdite d’y pénétrer ? Pourquoi les journalistes sont refoulés à la frontière sino-tibétaine ?

Ce que dit la Chine à la communauté Internationale au sujet du Tibet : ne vous mêlez pas des affaires tibétaines. Toutefois, la Chine peut quant à elle s’ingérer dans les affaires tibétaines. Cela se résume ainsi : faites ce que je vous dis mais ne faites jamais ce que je fais au Tibet. C’est la Chine qui fait la pluie et le beau temps sur place, aux dépens du peuple tibétain. Selon cette logique, les droits et les libertés des Tibétains sont inexistants. La seule chose qui compte, c’est la gloire des colons chinois et leurs "apports" au Tibet.

Le 28 mars 1959 est en réalité le jour où Zhou Enlai (Premier ministre sous Mao) a ordonné par un décret chinois la "dissolution" du gouvernement tibétain suite à la fuite de Sa Sainteté le Dalaï-Lama en Inde. Pour les Tibétains, la continuité de l’Etat tibétain est assurée par Sa Sainteté le Dalaï-Lama avec le rétablissement du gouvernement tibétain en exil. Depuis, le Tibet a adopté un système démocratique au sein de son Administration Centrale Tibétaine à Dharamsala et il est tourné vers l’avenir. Les arguments rétrogrades chinois au sujet du Tibet sont anachroniques.

A cette occasion, la Communauté tibétaine de France appelle toutes les associations à se joindre à la campagne européenne pour la reconnaissance du gouvernement tibétain par les Etats membres de l’Union européenne.

TG

 
 
 

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