Que restera-il des nos rêves européens ?
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Lettre ouverte de François Corona
Tibet Destination Rangzen - Tibet Europe
Marseille, le 25 avril 2009
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Lancée depuis maintenant plusieurs mois, la campagne Tibet Europe ne semble pas susciter l'intérêt de l'intergroupe Tibet au Parlement européen - pourtant à l'origine du vote de la résolution du 6 Juillet 2000 - et celui-ci n'a toujours pas répondu favorablement à l'appel des électeurs européens que nous sommes.
Malgré le sacrifice de centaines de Tibétains, la barbarie de la répression mise en oeuvre par le gouvernement chinois et les nombreuses manifestations de soutien au Tibet dans le monde, la promesse d'une démarche auprès des Etats de l'Union pour qu'ils reconnaissent enfin la légitimité du gouvernement tibétain en exil demeure non tenue. A ce jour, la résolution souhaitée n'a toujours pas été proposée par l'intergroupe Tibet au vote des parlementaires de l'Union européenne.
Le temps presse pour le Tibet comme pour une Europe de plus en plus confrontée aux conséquences électorales de ses propres faiblesses ou de ses manquements. Les élections européennes se rapprochent et le taux de participation annoncé par les sondages d'opinion est tout simplement catastrophique pour la crédibilité et la représentativité de la classe politique européenne.
Déjà en grande difficulté sur le plan social et économique, l'Union va-t-elle s'offrir le luxe d'un divorce avec tous ceux qui ont cru dans sa capacité à rappeler sans cesse nos valeurs aux régimes dictatoriaux les plus insensés ? L'inertie parlementaire actuelle est dangereuse et de plus en plus de personnes sensibles au respect des droits de la personne humaine nous font part de leur écoeurement et de leur mécontentement.
Cela nous rappelle le sentiment général qui s'exprimait sur nos manifestations comme dans l'opinion publique lors des Jeux Olympiques de Pékin, sentiment que nous partagions et qui nous avait amené à appeler au boycott général de cet évènement.
L'abstention massive aux élections européennes va-t-elle succéder au boycott des jeux de la honte ? Serons-nous condamnés à rejoindre individuellement le camps des abstentionnistes, voire à lancer collectivement un appel à l'abstention ?
Impossible de répondre aujourd'hui à cette question, car les groupes de soutien partenaires de la campagne Tibet Europe n'ont pas encore été réunis pour prendre une décision collective, mais aussi parce que l'espoir d'un sursaut démocratique demeure. En effet, l'inscription de dernière minute de cette résolution au calendrier parlementaire est encore possible grâce aux procédures dites d'urgence.
Dans cette optique, les associations de soutien au Tibet peuvent encore intensifier leurs efforts pour se faire entendre de leurs élus.
Pourquoi pas, en ajoutant aux actions déjà menées, toutes celles qui pourront être dotées d'un seul et unique objectif politique : obtenir le vote de cette résolution avant les élections du mois de juin.
De toute façon et dans tous les cas de figure, le combat pour la reconnaissance de la légitimité du gouvernement tibétain en exil devra continuer avec ou sans le Parlement européen, jusqu'à ce que le gouvernement chinois comprenne qu'il n'y a pas d'autre solution que d'entamer de véritables négociations avec le gouvernement du Tibet.
Aujourd'hui la balle est donc dans le camp des parlementaires européens et particulièrement de l'intergroupe Tibet qui devra assumer une lourde responsabilité en cas de non respect d'une promesse faite au nom de plusieurs centaines de millions de citoyens européens. Les associations de soutien devront elles aussi assumer leur responsabilité en prenant une décision collective vers la fin du mois de mai. Quant à l' Europe des valeurs, nous verrons ce qu'il en restera après les elections du mois de juin prochain...
FC